dimanche 24 avril 2016

Tour de Sicile 3/4 : Les temples antiques et la villa romaine

La villa romaine

La villa romaine du Casale est une villa située près de la ville de Piazza Armerina, au nord de Caltagirone. Sa construction a débuté à la fin du IIIème siècle. Elle compte une trentaine de pièces décorées de 3 500 m2 de mosaïques. Elle fut occupée jusqu'en 1160 lorsqu'elle fut ravagée par un incendie et disparut sous un glissement de terrain.
Les mosaïques sont à couper le souffle !









L'allée centrale servait de hall d'accueil pour impressionner les visiteurs : succès garanti.



Les latrines ou toilettes à la romaine.







Agrigente : la vallée des temples

Au petit matin, réveil en musique et premier cours de guitare pour Fleur !





Petite promenade au bord de mer avant de partir pour Agrigente.










Fondée par des colons Grecs en 580 avant J.C, la ville d'Agrigente garda sa splendeur jusqu’en 406 avant J.C, lorsque les Carthaginois (guidés par Hannibal) assiégèrent et saccagèrent la ville qui abritait 20.000 habitants. A’ l’époque romaine, au IIIe siècle avant J.C elle connut une nouvelle prospérité jusqu’à son déclin, causé par l’arrivée des byzantins et les chrétiens, qui détruisirent ses temples païens. La zone fut abandonnée et transformée en parc archéologique.
La vallée des temples est probablement le plus beau site de temples antiques qu'il nous ait été donné de voir. Il est réputé comme le mieux conservé au monde. Les Temples grecs d’Agrigente sont tous de style dorique et, bien que l’état de conservation varie selon les dommages causés par les tremblements de terre et par des pillages, c’est le site archéologique le plus important de l’architecture grecque.
Nous commençons la visite par les restes du Temple de Vulcain qui a encore la base et quatre colonnes. Vulcain aidé des cyclopes, fabriquait la foudre de Jupiter dans sa forge située sous l'Etna ... renversant n'est-ce pas ?

Du Temple de Zeus Olympien, grand édifice dorique de 112,5 mètres de longueur pour 56 mètres de largeur, il ne reste pas grand chose. Il a en effet servi de carrière au XVIIIe siècle pour construire les jetées du port de Porto Empédocle. 
En plus des colonnes de 17 mètres de hauteur et 4,2 de diamètre, il était décoré avec 38 statues d'atlantes de presque 8 mètres de haut dont on a reconstitué l'une d'elle.


Le Temple d’Hercule est le plus ancien de la Vallée, sa reconstruction remonte aux environs de 510 avant J.C. Il ne subsiste que 8 colonnes relevées en 1924.










Par un sentier pavé,on remonte le chemin vers le Temple de la Concorde. C’est le temple grec de style dorique le mieux conservé au monde. Bâti entre 450 et 400 avant J.C, il mesure 42 mètres de long et 19,5 mètres de large. Le Temple doit son nom à une inscription latine trouvée aux alentours, dédié sans doute aux Dioscures Castor et Pollux. Il présente 34 colonnes, (6 pour la façade et 13 sur les côtés) et conserve les arcades pratiquées dans les colonnes, étant donné que le temple fut transformé en basilique chrétienne. Il fut restauré en 1748.







Le Temple de Junon domine le point culminant de la Vallée des Temples. Daté aux environs de 450 avant J. C, il conserve 30 colonnes parmi lesquelles 16 ont leurs chapiteaux.







Voici la chèvre locale de race Girgentana (Elle tient son nom de Agrigente qui se dit Girgenti en sicilien). Elle aurait pour origine l’Afghanistan en Asie et aurait été introduite en Sicile par les grecs.


A quelques kilomètres au sud-ouest d'Agrigente, se trouve la Scala dei Turchi. C'est une pointe en calcaire plongeant vers la mer. Elle est de toute beauté surtout au coucher du soleil.


















Sélinonte

Sélinonte, situé sur la côte sud-est de la Sicile en province de Trapani, est l’un des sites archéologiques les plus remarquables de la Méditerranée et surtout l’un des plus grandioses. Sélinonte est le nom que les Romains ont donné à l’antique Selinus grecque. 
Selon l’historien Thucydide d’Athènes, Sélinonte fut fondée par des colons de Mégare Hyblaea (sur la côte orientale de la Sicile) au VIIe siècle avant J.C., cent ans après la fondation de Mégare. Elle tire son nom d’une plante endémique de la région, sèlinon, une sorte de céleri dont les feuilles sont reproduites sur les premières pièces de monnaie.
Par la suite, la population augmenta jusqu’à atteindre 25.000 habitants, et Sélinonte se transforma en cité commerciale de la Magna Graecia (la Grande Grèce), l’une des plus grandes villes hellénistes. La position stratégique près de la mer permettait le contrôle du trafic maritime de la ville, tandis que l’agriculture et l’élevage de chevaux consolidaient son économie.
Sélinonte a été en conflit permanent avec Ségeste, alliée d’Athènes, dont l’expansion n’était pas compatible avec celle de Sélinonte. Lorsque les Athéniens furent vaincus par les Syracusains, Ségeste demanda protection à Carthage. En 409 avant J.C. la ville fut assiégée pendant neuf jours par une armée de 100.000 carthaginois débarqués en Sicile. Selon les historiens contemporains, la défaite lui a coûté 16.000 morts et 5.000 réduits en esclavage. Les temples furent pillés et de nombreux bâtiments partiellement détruits.
Les murs de la ville furent également détruits afin d’empêcher de nouvelles formes de défense, les citoyens survivants de Sélinonte furent autorisés à continuer à vivre comme d’habitude rendant tributs à Carthage. Environ un millier s’installa dans la ville sous la direction d’Ermocrate. En 450 avant J.C. le traité entre Carthage et Denys de Syracuse confirma Sélinonte sous l’occupation de Carthage, ce qui porta une paix substantielle, mais la ville n’est jamais revenue à sa splendeur d'antan. En effet, au cours de la première guerre punique Sélinonte reçut un coup définitif fatal à sa puissance et à son prestige. Les Carthaginois, pour ne pas la faire tomber aux mains des Romains, démantelèrent toutes les défenses restantes et détruisirent le centre d’habitation.
Au cours de la période byzantine, de petites communautés de moines ermites, vivaient dans les ruines de l’acropole de la ville, faisant tomber une voile d’oubli sur ce qui était la grande ville grecque. En outre, elle fut à nouveau détruite par des séismes. Dans la seconde moitié du XVIe siècle elle fut à nouveau découverte par l’historien Fazello. Au XIXe siècle d’autres œuvres d’archéologie ont exhumé les restes de Sélinonte.












Ségeste

Située dans le milieu d’un paysage désert de campagne, l’ancienne ville grecque de Ségeste semble être défendue par les troupeaux des éleveurs.
Ses origines sont encore incertaines et sujet de débat parmi les historiens. Ségeste fut peuplée par les Elymes puis par les Grecs qui l’ont colonisée à leur arrivée en Sicile au XIIe siècle avant J.C.. Les premiers signes de conflit armé contre Sélinonte remonteraient à la période 580 avant J.C.. Après la défaite subie par Sélinonte, malgré l’aide des Athéniens, les habitants de Ségeste s’adressèrent aux Carthaginois en concluant un pacte d’alliance qui produisit la destruction de Sélinonte en 409 avant J.C..
Poussée par Syracuse à la révolte contre Carthage, Ségeste fut conquise et détruite en 306 avant J.C. Il ne reste aujourd’hui que le temple dorique parfaitement conservé et le théâtre.












Le théâtre de 63 m de diamètre date de la seconde moitié du IIIe siècle avant J.C., son orientation va vers le nord, contrairement à la plupart des théâtres grecs. Une telle particularité est due à la vue splendide des terrasses des collines avec également une vue sur la Mer Méditerranée. 






En soirée, petit repas sympa et boom pour les enfants. Ils ne sont jamais fatigués à cet âge là !




jeudi 21 avril 2016

Tour de Sicile 2/4 : Les villes baroques de la vallée de Noto

Ragusa, Noto et Caltagirone font partie des sept villes du baroque tardif de la vallée du Noto, inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO. Les autres villes sont: Militello, Vallée de Catane, Catane (déjà découverte dans l'article précédent), Palazzolo et Scicli.

Ragusa

Ragusa est l'une des plus belles villes baroques de Sicile, une “île dans une île”, située sur une falaise d’environ 550 mètres. Elle est clairement divisée en deux zones, une partie en hauteur, la vieille ville, reconstruite après le tremblement de terre dévastateur de 1693, et une partie inférieure, la ville moderne appelée Ibla construite peu après sur un plateau.
Pour rejoindre les deux cités, hormis la route qui existe aujourd'hui, on peut emprunter les 242 marches de la Scale et admirer le panorama de la ville.





Sur la place San Giovanni, on trouve la cathédrale de S. Giovanni Battista avec sa monumentale façade baroque ornée de trois portails richement décorés.








Dans les rues, les habitants annoncent les décès de leurs proches directement sur les murs !


Noto

On commence la journée par un petit bain ...









... et un petit barbecue !


Noto fait partie des villes incontournables du Baroque de Sicile. Au départ, elle n’était pas là où elle se situe actuellement : le Noto Antica a été totalement détruit para le tremblement de terre de 1693 – qui abîma également d’autres villes du sud de Sicile comme Ragusa, Catane, ou encore Syracuse. Au lieu de reconstruire la ville sur ses ruines, la nouvelle ville de Noto a été entièrement construite à 15 km de l’ancienne, selon le style Baroque.
Les architectes ont utilisé pour cela une pierre calcaire jaune, qui s’enflamme et se teinte d’une couleur dorée quand le soleil est à son zénith.

C'est notre jour de chance ... les habitants nous ont préparés un petit spectacle style fanfare-majorette-médiéval !





La Cathédrale de San Nicolo (1776) a connu une longue histoire de désastres. Elle a été mal construite et mal entretenue si bien que la coupole du dôme s’est effondrée en 1996. Sa rénovation et consolidation a été achevée en 2007 et l’intérieur redécoré avec réussite.




Noto à la tombée de la nuit.


Caltagirone

Caltagirone est une autre ville baroque reconstruite après le séisme de 1693. Celui-ci, d'une force estimée à 7,4 sur l'échelle de Richter aurait fait plus de 60 000 morts. La ville est elle aussi située sur un mont rocheux et est très connue pour l'escalier de Santa Maria Del Monte décoré en céramique locale.